AESH et reprise le 11 mai : nous avons des droits !

10 Mai 2020

Dans son allocution du 13 avril 2020, le président de la république a annoncé la réouverture des écoles pour le 11 mai 2020. Pour nous AESH, cette décision est inacceptable et irresponsable :

Pour nous qui avons une grande proximité avec nos élèves, comment allons-nous faire :

· Pour éviter les contacts ?

· Pour observer une distance sociale ?

· Pour préserver notre santé ?

A 5 jours de la rentrée, je peux supposer que tous les AESH ont reçu un message de leur ERSEH « Enseignant référent à la scolarisation des élèves handicapés » nous informant qu’il est prévu une rentrée pour le 11 mai 2020 ! Ce message précise généralement que pour les journées du 11 et 12 mai les AESH participeront à l’organisation du fonctionnement spécifique de chaque école, avec une rentrée des élèves le 14 mai 2020.

« HORS DE QUESTION DE FAIRE DE NOUS DES PERSONNES A TOUT FAIRE »

Pour mémoire : « Les missions des AESH est d’intervenir pour permettre à l’enfant en situation de handicap d’accomplir des gestes qu’il ne peut faire seul, facilite le contact entre l’élève et ses camarades de classe, tout en veillant à l’encourager dans ses progrès en autonomie ». Sans élève, les AESH n’ont rien à faire à l’école.

C’est infaisable, le gouvernement, les IEN « inspecteur de l’éducation national » et nos ERSEH « Enseignant référent à la scolarisation des élèves handicapés » nous envoient au casse-pipe !

Le Snudi FO 93 a obtenu des garanties lors de ces différentes interventions ces derniers jours :

A l’occasion d’une réunion du mercredi 6 mai avec les syndicats, le DASEN de Seine-Saint-Denis avait déclaré que « la plus grande souplesse » serait de mise pour une reprise en présentiel ou non pour les personnels (PE et AESH). Que constate-t-on sur le terrain, dans de nombreuses circonscriptions du département ? Des IEN zélés multiplient les injonctions paradoxales, et commencent à mettre la pression sur les collègues PE et AESH !

Le DASEN s’est engagé à la plus grande souplesse envers les PE et les AESH concernant garde d’enfants et certificats médicaux

Le Snudi FO 93 a obtenu des garanties orales lors de différents réunions.

Garde d’enfants : Les ASA sont accordées à tous les personnels jusqu’au 31 mai. ASA pour enfants de moins de 16 ans, pas de justificatifs. C’est un engagement du Ministre, confirmé par notre DASEN. Les enseignants pourraient être placés en télétravail. Ces ASA s’adressent aux personnels qui ne peuvent faire garder leurs enfants et à ceux qui ne veulent pas mettre leurs enfants à l’école. Les collègues peuvent envoyer un mail à leur IEN pour l’avertir du maintien du travail en distanciel pour garde d’enfants. Ces ASA n’amènent pas à un retrait sur salaire. Vous gardez votre salaire entièrement. Si problème, appelez le Snudi FO 93.

Raisons médicales : Les personnels à risques ou accompagnants des personnels à risques ne se rendent pas dans les écoles, établissements et services. Ils produisent une attestation (à télécharger sur Ameli.fr) et un certificat médical (et non un arrêt de travail !). Il est important de préciser que le secret médical garantit que le certificat médical ne fasse pas mention de la pathologie de l’AESH.

Nous avons obtenu que le collègue AESH qui est angoissé et ne peut, donc, reprendre en présentiel lundi, peut également faire une demande auprès de son IEN, sous forme de certificat médical qui conserve le secret médical. Comme la garde d’enfants, un mail peut être envoyer à l’IEN avec ce certificat médical. Ces ASA n’amènent pas à un retrait sur salaire. Vous gardez votre salaire entièrement. Si problème, appelez le Snudi FO 93.

Transports : Il paraît évident que ça va être compliqué aux heures de pointe pour les collègues. Le DASEN l’a reconnu. Pour les collègues qui sont loin et ont beaucoup de transport, une ASA peut être demandée à l’IEN. Ne pas hésiter à obtenir un certificat médical…

NOUS NE VOULONS PAS ALLER AU CASSE-PIPE !

SOYONS SOLIDAIRES REAGISSONS !

AESH : Respect de nos contrats et de notre santé !

Nous avons un contrat. Nous n’avons pas à faire le ménage, désinfecter les locaux, accompagner les élèves aux toilettes ou ailleurs, déménager du matériel… Le DASEN l’a clairement dit : « Les AESH sont bien attendus sur les écoles en cas de présence d’élèves relevant de leur suivi, d’autant que dans le cadre des PIAL, les AESH sont susceptibles de s’occuper de plusieurs enfants. Comme pour les enseignants, s’il y a des difficultés, il y aura une oreille attentive pour que ces AESH puissent ne pas venir (ex, crainte des transports, situations familiales ou médicales…). Les AESH ne seront pas contraints de venir les jours où il n’y a pas d’enfants à gérer. ». Le DASEN explique que les AESH doivent rester en contact avec leur ERSEH au cas où, dans la période qui se déroulera d’ici début juillet, des élèves seraient de nouveau scolarisés.

Avis lors du comité hygiène, sécurité et conditions de travail (CHS-CTD) de jeudi déposé par FO :

« Les AESH ont un contrat, avec une fonction précise : accompagnement d’élèves porteur de handicap. Ils ne sont pas agent de nettoyage, déménageurs ou encore surveillants. Le CHS-CTD exige que la fonction des AESH soit respectée et, donc, qu’ils puissent continuer à accompagner les élèves dont ils ont la responsabilité d’accompagner tout au long de l’année et seulement ces élèves.

Le CHS-CTD demande, en cas d’absence des élèves concernés, que l’AESH ne soit pas contraint de venir sur son lieu de travail.

Le CHS-CTD demande que l’AESH, en cas d’impossibilité de distanciation physique avec un élève porteur de handicap, ne soit pas contraint de venir sur son lieu de travail. »

Résultat du vote des syndicats : 1 CGT, 1 SUD, 2 FO : 4 pour / 3 FSU (dont le Snuipp-FSU) : 3 abstentions.

Force Ouvrière est longuement intervenue lors de cette réunion sur les AESH !

N’hésitez pas à nous contacter ! Ensemble, nous pouvons résister !

Pascal CROIZER, délégué AESH pour le Snudi FO 93